Vous vendez une formation en ligne à un client allemand ou vous achetez du matériel auprès d'un fournisseur italien ? Vous allez sans doute avoir besoin d'un numéro de TVA intracommunautaire, même en franchise en base. C'est l'une des questions qu'on nous pose le plus souvent chez ProFacto : un auto-entrepreneur a-t-il vraiment un numéro de TVA, et dans quels cas doit-il le demander ? La réponse dépend uniquement de vos échanges avec l'Union européenne, pas de votre chiffre d'affaires en France.
📌 L'essentiel à retenir
- Un auto-entrepreneur en franchise en base n'a pas de numéro de TVA intracommunautaire par défaut pour ses opérations réalisées en France.
- Ce numéro devient obligatoire dans trois cas précis : achats de biens, prestations de services ou ventes à distance avec un partenaire de l'Union européenne.
- La demande se fait auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dont vous dépendez, avant la première opération concernée.
- Obtenir ce numéro ne fait pas sortir de la franchise en base de TVA sur votre activité française : ce sont deux mécanismes distincts.
🧮 Le seuil de 10 000 € en pratique
| Situation | Montant annuel | Numéro de TVA intracommunautaire ? |
|---|---|---|
| Achats de marchandises à un fournisseur UE pour 6 000 €/an | Sous le seuil de 10 000 € | Non requis, sauf option volontaire |
| Achats de marchandises à un fournisseur UE pour 14 000 €/an | Au-dessus du seuil de 10 000 € | Obligatoire |
| Prestation de services facturée à un client UE assujetti, quel que soit le montant | Sans seuil | Obligatoire dès la première prestation |
Estimation indicative à partir des règles en vigueur — vérifiez votre situation précise auprès de votre service des impôts des entreprises.
Sommaire
- Pourquoi un auto-entrepreneur peut avoir besoin de ce numéro
- Cela vous concerne-t-il ? Selon votre activité
- Les trois cas où la demande est obligatoire
- Comment faire la demande, étape par étape
- Les autres options envisageables
- Erreurs fréquentes à éviter
Pourquoi un auto-entrepreneur peut avoir besoin de ce numéro
En franchise en base de TVA, un auto-entrepreneur ne facture pas de TVA à ses clients français. Il ne récupère pas non plus la TVA payée à ses fournisseurs. Sur ses factures, il doit indiquer la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Cette règle changera au 1er janvier 2027, où la référence légale deviendra l'article L. 223-3 du Code des impositions sur les biens et services, selon les informations publiées par l'administration fiscale.
Ce régime simplifié ne couvre toutefois que l'activité réalisée en France. Dès qu'un achat ou une vente implique un professionnel établi dans un autre pays de l'Union européenne, une autre logique s'applique : celle de la TVA intracommunautaire. C'est un système séparé, pensé pour que la taxe soit correctement déclarée malgré l'absence de frontière douanière entre États membres.
Chez ProFacto, on voit très régulièrement des auto-entrepreneurs se poser cette question au moment de leur première facture à un client allemand, belge ou espagnol. Beaucoup découvrent alors qu'ils doivent demander ce numéro avant d'émettre leur facture, et non après.
Cette question s'ajoute aux autres obligations déjà connues des micro-entrepreneurs : mentions obligatoires, numérotation continue, conservation des justificatifs. Si vous débutez, un point d'ensemble sur la facturation d'un auto-entrepreneur vous aidera à resituer le numéro de TVA intracommunautaire parmi vos autres obligations courantes.
Cela vous concerne-t-il ? Selon votre activité
La nécessité de demander un numéro de TVA intracommunautaire ne dépend pas de votre statut juridique, mais de vos échanges avec l'Union européenne. Que vous vendiez des produits, des services, ou que vous achetiez simplement du matériel à l'étranger, le réflexe à avoir reste le même : identifier la nature de l'opération avant de facturer ou de commander. Voici comment la question se pose généralement selon la taille de votre activité.
Auto-entrepreneur ou profession libérale
C'est le cas le plus fréquent chez les indépendants qui travaillent avec des clients ou des plateformes basés dans l'UE : développeurs freelances, consultants, formateurs en ligne, créateurs qui achètent du matériel auprès de fournisseurs européens. Dès la première prestation de services facturée à un professionnel assujetti de l'UE, la demande du numéro devient nécessaire, sans aucun seuil minimum de chiffre d'affaires.
TPE en croissance
Une petite structure qui commence à diversifier ses fournisseurs à l'échelle européenne, ou qui développe une clientèle hors de France, franchit souvent le seuil de 10 000 € d'achats ou de ventes à distance en cours d'année. À ce stade, il devient utile de suivre ses flux intracommunautaires mensuellement plutôt que de découvrir un dépassement en fin d'exercice. C'est aussi souvent le moment où se pose la question des seuils de la franchise en base de TVA sur l'activité française elle-même, un sujet distinct mais qui mérite d'être anticipé en parallèle.
PME structurée
Pour une entreprise déjà accompagnée par un expert-comptable, la question du numéro de TVA intracommunautaire se pose rarement seule : elle s'accompagne souvent d'une réflexion plus large sur le régime de TVA, les déclarations d'échanges de biens et, le cas échéant, le passage au guichet unique de TVA pour les ventes à distance vers des particuliers européens. Certaines structures choisissent même à ce stade d'opter volontairement pour la TVA sur l'ensemble de leur activité, pour simplifier leur comptabilité et récupérer la TVA sur leurs achats professionnels.
Les trois cas où la demande est obligatoire
Selon les informations publiées par l'administration fiscale, un auto-entrepreneur en franchise en base doit demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de son service des impôts des entreprises dans exactement trois situations.
| Situation | Seuil applicable | Exemple concret |
|---|---|---|
| Achats de marchandises auprès d'un assujetti établi dans un autre État membre de l'UE | Au-delà de 10 000 € par an | Un revendeur qui importe du stock depuis un fournisseur néerlandais |
| Prestations de services intracommunautaires, fournies ou achetées auprès d'un assujetti de l'UE | Aucun seuil | Un développeur qui facture une mission à une entreprise portugaise |
| Ventes à distance de biens à des particuliers non assujettis établis dans l'UE | Au-delà de 10 000 € par an | Une créatrice qui vend ses produits en ligne à des clients belges |
Ce que cela implique une fois le numéro obtenu
Une fois votre numéro de TVA intracommunautaire attribué, vous devez auto-liquider, déclarer et verser en France la TVA sur vos achats de marchandises et de prestations de services intracommunautaires. Concrètement, vous calculez vous-même la TVA française applicable à l'opération, vous la déclarez, puis vous la reversez : c'est ce que recouvre le terme « auto-liquidation ». Pour vos ventes à distance de biens, vous déclarez et versez la TVA correspondante, en passant éventuellement par le guichet unique de TVA de l'Union européenne si vous le souhaitez. C'est pourquoi ce numéro ne doit jamais être confondu avec une sortie du régime de franchise : vous restez non redevable de la TVA sur votre activité française tant que vous respectez les seuils applicables à la micro-entreprise. Si vous hésitez entre rester en franchise ou basculer volontairement, notre article sur l'option pour la TVA en micro-entreprise détaille les avantages et les inconvénients des deux choix.
Une question qu'on reçoit souvent de nos utilisateurs : faut-il ce numéro pour un simple achat ponctuel de faible montant ? En général non, tant que le cumul annuel de vos achats de marchandises reste sous 10 000 €. Mais pour une prestation de services avec un partenaire européen, même unique, la demande s'impose dès le premier euro.
Comment faire la demande, étape par étape
La démarche reste gérable seul, à condition de l'anticiper avant votre première opération intracommunautaire. Voici la méthode à suivre.
Connectez-vous à votre espace professionnel sur le site des impôts, puis utilisez la messagerie sécurisée pour contacter votre service des impôts des entreprises. Précisez votre numéro SIRET, la nature de l'opération concernée (achat, vente ou prestation de services) et le pays du partenaire européen. À défaut de messagerie, un courrier adressé au même service reste possible.
Les délais de traitement varient d'un service à l'autre. Comptez généralement plusieurs jours à quelques semaines. Mieux vaut donc engager la démarche dès que vous envisagez une opération avec un fournisseur ou un client européen, plutôt qu'au moment d'émettre la facture.
Pensez aussi à tenir à jour votre suivi de TVA, même en franchise : le jour où vous basculez tout ou partie de votre activité vers un régime assujetti, vous devrez être en mesure de distinguer clairement vos opérations françaises et vos opérations intracommunautaires. Notre guide sur le calcul de la TVA collectée et déductible complète utilement cette démarche si vous envisagez une option pour la TVA.
Une fois attribué, votre numéro se présente sous la forme du préfixe « FR », suivi d'une clé informatique à deux chiffres puis de votre numéro SIREN à neuf chiffres. Ce format est commun à toutes les entreprises françaises, quel que soit leur régime de TVA : seule l'attribution du numéro change selon votre situation. Vous pouvez vérifier à tout moment la validité d'un numéro de TVA intracommunautaire, le vôtre ou celui d'un partenaire, grâce au système européen VIES, gratuit et accessible en ligne. C'est un réflexe à prendre avant chaque nouvelle relation commerciale avec un partenaire européen, pour éviter une facture hors taxe émise à tort.
Si votre activité évolue vite, pensez à revérifier régulièrement votre situation. Un cumul d'achats qui semblait négligeable en début d'année peut franchir le seuil de 10 000 € en quelques mois, notamment si vous commandez du matériel ou des matières premières auprès de plusieurs fournisseurs européens.
✅ Les points à valider avant votre première opération intracommunautaire
- Vérifier si votre opération entre dans l'un des trois cas obligatoires (achat, service, vente à distance)
- Contacter votre service des impôts des entreprises avant la facturation, pas après
- Conserver la confirmation écrite d'attribution du numéro
- Vérifier le numéro de votre partenaire européen via VIES avant d'émettre votre facture
- Mentionner correctement le numéro sur vos factures concernées, en plus de vos mentions habituelles
Les autres options envisageables (et ce qu'elles valent vraiment)
Certains indépendants cherchent à éviter la démarche en passant par d'autres solutions. Voici ce qu'elles valent concrètement.
Ne pas demander le numéro et espérer que ça passe. C'est l'option la plus risquée. Un fournisseur européen sérieux demandera votre numéro avant de vous facturer hors taxe, et son absence peut entraîner une TVA étrangère facturée à tort, difficile à récupérer ensuite.
Passer uniquement par un expert-comptable. C'est une solution fiable, en particulier pour une activité déjà complexe. Elle a un coût récurrent, et l'expert-comptable a lui-même besoin que vous centralisiez vos opérations intracommunautaires quelque part pour pouvoir les traiter correctement.
Suivre ses opérations à la main, sur un tableur. Cela fonctionne tant que les flux restent rares. Dès que les achats ou les ventes avec l'UE se multiplient, le risque d'erreur ou d'oubli du seuil de 10 000 € augmente nettement. Un tableur ne vous alertera pas automatiquement lorsque vous approchez du seuil, contrairement à un suivi structuré de vos clients et fournisseurs.
Déléguer entièrement à une plateforme de facturation généraliste. Certains outils gèrent bien la facturation classique, mais restent peu adaptés aux spécificités françaises de la micro-entreprise et de la TVA intracommunautaire. Vérifiez toujours qu'un logiciel pensé pour les indépendants français couvre bien ce cas d'usage avant d'en changer.
C'est une erreur qu'on retrouve fréquemment chez les indépendants qui démarrent une activité à l'international : ils suivent leurs opérations françaises et européennes dans deux outils différents, ce qui complique le rapprochement en fin d'année. Un logiciel de facturation qui centralise devis, factures et dépenses, quelle que soit leur origine géographique, simplifie ce suivi. Vous trouverez le détail des fonctionnalités de ProFacto, y compris pour la gestion des clients et fournisseurs, sur notre page tarifs, avec un essai gratuit sans carte bancaire.
🆘 Erreurs fréquentes (et comment les éviter)
Facturer sans TVA un client européen sans avoir le numéro
Facturer hors taxe une prestation à un assujetti de l'UE suppose d'avoir son numéro de TVA intracommunautaire, mais aussi d'avoir le vôtre. Sans cela, la facture est contestable et peut être requalifiée lors d'un contrôle. Vérifiez systématiquement les deux numéros via VIES avant d'émettre le document.
Confondre numéro de TVA intracommunautaire et sortie de la franchise en base
Beaucoup d'indépendants pensent, à tort, qu'obtenir ce numéro les rend automatiquement redevables de la TVA en France. Ce n'est pas le cas : les deux régimes sont indépendants. Vous pouvez avoir un numéro de TVA intracommunautaire pour vos opérations UE tout en restant en franchise en base sur votre activité française. Si un doute subsiste sur votre situation globale, notre article sur la sortie de la franchise en base de TVA détaille les critères qui, eux, font réellement basculer votre régime.
Attendre la première facture pour faire la demande
Les délais de traitement du service des impôts des entreprises ne sont pas instantanés. Attendre d'avoir un client ou un fournisseur européen en attente de facturation pour lancer la démarche crée souvent un blocage commercial évitable. Anticipez dès que la relation se profile.
Conclusion
Retenez trois points. D'abord, un numéro de TVA intracommunautaire n'est pas automatique pour un auto-entrepreneur : il se demande dans trois cas précis, liés à vos achats, vos ventes ou vos prestations avec l'Union européenne. Ensuite, la démarche se fait auprès de votre service des impôts des entreprises, idéalement avant votre première opération concernée. Enfin, ce numéro ne change rien à votre régime de franchise en base sur votre activité française.
Chez ProFacto, on a pensé notre outil pour que la gestion de vos factures, françaises ou européennes, prenne quelques minutes, pas quelques heures.
Centralisez vos factures françaises et européennes
ProFacto vous aide à créer des devis et factures conformes, à suivre vos clients et à garder une vue claire sur votre activité, en France comme à l'international.
Créer mon compte gratuit


